
Espaces d’exposition, musée pour enfants, centre de recherche, salles de conférence, laboratoires, établissements horeca et jardins ouverts. Heneghan Peng Architects a pensé le complexe dans les moindres détails, en harmonie avec le patrimoine antique du site. Le bâtiment se trouve ainsi dans un réseau ingénieux de points de vue vers les trois pyramides de Gizeh se dressant un peu plus loin. Depuis un point central derrière le musée, des lignes courent jusqu’aux sommets de Khéops et Mykérinos. Le bâtiment principal est un triangle tronqué : les murs nord et sud convergent l’un vers l’autre, le toit incliné suit la pente de Khéphren. Une géométrie subtile qui relie gracieusement le musée et les monuments, tandis que les espaces sont agencés de manière surprenante.


Conçu comme une imposante dalle de béton, le GEM suit les lignes naturelles du paysage, au bord du delta du Nil et d’un plateau désertique. À l’intérieur, le triangle est omniprésent : dans les piliers en forme de pyramide inversée au niveau de l’entrée principale, tels des talons aiguilles géants, et dans les étages successifs menant aux collections permanentes par l’escalier central. Plus vous montez, plus vous plongez loin dans l’histoire. En haut, une vue panoramique sur les pyramides vous attend : le cercle – ou plutôt devrions-nous dire le triangle – est bouclé.

Le GEM abrite des milliers de trésors archéologiques, dont la fameuse collection de Toutânkhamon, la barque solaire de Khéops vieille de 4 600 ans et d’innombrables artefacts pharaoniques encore jamais présentés au public. Voir ces merveilles d’antan continuer à inspirer des créations extraordinaires est presque poétique. En véritables maîtres du génie technique, les anciens Égyptiens ont placé la barre haute pour cet ouvrage moderne. Ainsi, si le jeu de lumière autour de Ramsès II semble magique, il est le résultat de plis bien pensés au niveau de la toiture, une énorme plaque de béton, qui laissent filtrer la lumière exactement au bon endroit. Comme si le dieu du Soleil s’en mêlait. Des millénaires après que les pharaons aient exprimé leur divinité dans des ouvrages monumentaux, les bâtisseurs modernes aspirent eux aussi à toucher les étoiles.



