London Townhouse

Cette maison de ville illustre parfaitement le langage esthétique de Kelly Hoppen, architecte d’intérieur britannique, mêlant audace et douceur épurée.

Traduction | Villas
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C’était à l’origine un atelier d’artiste, caractérisé par une grande hauteur sous toiture. Le projet consistait à repenser tout l’espace. Le salon s’organise autour du canapé James (création Andrea Parisio chez Meridiani) et d’une table basse, réalisée selon une technique ancestrale, la scagliola, imitant le marbre et la pierre (création McCollin Bryan). Entre les fauteuils Pacha (réédition de Pierre Paulin, chez Gubi), table d’appoint Crown, chez 101 Copenhagen. Dans l’entrée, marquée par la présence d’une console sculpturale (modèle Morgan, création Kelly Hoppen), avec piètement composé de blocs géométriques, des claustras pivotants dissimulent élégamment les poteaux structurels et renforcent l’intimité du lieu.

La refonte totale atténue l’esprit industriel de l’architecture d’origine, valorise les volumes intérieurs et introduit de nouvelles textures et finitions. La charpente métallique et les anciennes menuiseries, de couleur sombre, ont été adoucies. Au rez-de chaussée, on a opté pour une peinture claire et neutre (Slaked Lime Mid, chez Little Greene). L’éclairage, soigneusement étudié, met en valeur les poutres existantes, tandis qu’un mobilier raffiné apporte équilibre et élégance. Les structures en acier et les lambris sous toiture ont été recouverts d’une teinte blanche pour créer un environnement plus lumineux et chaleureux : une nouvelle âme, en accord avec le souhait des clients de composer un lieu plus hospitalier. Dans la cuisine, l’îlot en marbre contraste avec des rangements en bois foncé. Tabourets de bar, modèle Polo chez Robert Langford. Sur le tapis (Lema), fauteuil vintage Groovy, création Pierre Paulin et table d’appoint Nanded (House Doctor chez Nordic Nest).

Dans le bureau, comme partout, les tons semblent connectés à la couleur Pantone de l’année 2026, baptisée Cloud Dancer, un blanc cassé apaisant. Elle fait aussi référence à Daniel Campos, un danseur et chorégraphe américain célèbre et un film d’aviation des années 1980. Cette teinte aérienne, légèrement crémeuse évoque le calme et la sérénité, un besoin de paix et de réflexion. Sa polyvalence permet de structurer les palettes de couleurs, d’accentuer les pastels ou d’enrichir les tons naturels et de créer des contrastes élégants avec des teintes foncées, noir et brun. A gauche, tapis Loloey, création Kelly Hoppen. Fauteuils Simpliciter, création Antonio Citterio chez Maxalto. Lampadaire Faringdon, chez Vaughan. Bureau sur mesure, dessiné par Kelly Hoppen, associé au siège à roulettes Colette, création Roberto Lazzeroni pour Baxter. Sur le plan de travail, lampe Harry avec abat-jour en soie (chez Porta Romana).

La chambre parentale s’est débarrassée de sa distribution maladroite, après une reconfiguration majeure. Elle arbore, désormais, deux dressings, une grande salle de bains et une spectaculaire baie vitrée (marque Crittall) de 4 m de hauteur, tandis qu’une fenêtre, côté rue, autrefois dissimulée, a été restaurée. Un éclairage fonctionnel accompagne les gestes quotidiens avec des sources lumineuses ponctuelles, intégrées à l’architecture, des éclairages indirects et des luminaires d’ambiance permettant de moduler l’atmosphère. Le lit (Doreen Scott et C&C Milano) est équipé de tables de chevets, réalisées, sur mesure, par un menuisier. Près du fauteuil Groovy (création Pierre Paulin), table d’appoint Rona, composée d’un empilement de disques, création Andrew Martin. Suspension lumineuse Oyster Ceiling, création Gareth Devonald Smith. Appliques circulaires en albâtre et laiton brossé Beran, création Bert Frank.  

L’espace épuré de la salle de bain est nappé d’un enduit enveloppant le sol et les murs, pour une expérience immersive, entre Orient et Occident. Une sensation de luxe discret est apportée par les matières nobles, comme le bois des meubles de toilette. Dans un esprit “News Neutrals”, la palette de Kelly Hoppen associe les teintes naturelles, claires et intemporelles, craie, plâtre, sable, galet… dans un subtil camaïeu, pour accentuer le sentiment d’espace, de luminosité et de détente. Sur le plan vasque, le plateau en marbre (modèle Oka, chez 101 Copenhagen) s’inspire des plateaux de service traditionnels japonais. La douche à l’italienne XXL occupe toute la largeur de l’espace.  Ses parois en verre transparent laissent passer la lumière de la fenêtre et accentuent la profondeur de la pièce, favorisant une circulation centrale. Baignoire aux lignes courbes et pont de baignoire en pierre blanche, chez Lusso.

Une coiffeuse, avec table de maquillage et tiroirs facilitant le rangement, esquisse l’esprit d’un boudoir contemporain. Le miroir vertical, du sol au plafond, agrandit l’espace. Il est encadré par deux appliques murales en bronze et laiton vieilli (modèle Covex, chez Porta Romana). Le pouf en tissu offre de belles finitions, dotées de surpiqûres, une assise légère et suspendue sur une base cylindrique (modèle Florin chez The Sofa & Chair Compagny). Sur les étagères, intégrées à cet aménagement réalisé sur mesure, des pièces en céramique noir et blanc signent la décoration : vase Pirout, chez Nordic Nest, bol Vio chez Gazar et boîte Duck Jar, création Nicolaj Nøddesbo et Tommy Hyldahl, chez 101 Copenhagen (kellyhoppeninteriors.com).    

Photographie : © Mel Yates