Une collection au sommet de l’art par Olivier Dwek

L’architecte belge Olivier Dwek est réputé à l’international pour son expertise dans l’aménagement de résidences privées et de fondations abritant les plus belles collections et expositions d’art contemporain et de design qui existent. La New Hope Collection, face au Musée de la maison Art nouveau Victor Horta à Bruxelles est une réalisation qui exprime l’épure érudite de son style, qui ne cesse de séduire des clients toujours plus nombreux. Œuvres d’art et mobilier des maîtres du design, sujets à l’achat en ventes aux enchères, galeries d’art et grandes foires, dialoguent ensemble dans un nouvel appartement qu’il a réalisé pour un passionné. Le designer livre ici l’un de ses plus beaux projets à ce jour. Ce penthouse se situe dans un immeuble bâti par le célèbre Marc Corbiau, dans la chic station balnéaire de Knokke-Le-Zoute. Un luxe total avec vue sur mer.

Adapté d'un texte de Raoul Buyle
5 minutes
VILLAS Decoration Olivier Dwek
© Philippe Garcia

Penser l’aménagement d’un intérieur pour vivre avec l’art

Le reflet d’une architecture et d’une collection exceptionnelle

À Knokke-Le-Zoute, face à̀ la mer du Nord, ce bien a été rénové avec passion pour ses propriétaires. Chacune des pièces de cet appartement présente les parties d’une collection d’œuvres d’art contemporain connues. Le talent d’Olivier Dwek est d’avoir su répondre à toutes les attentes et désirs. Ici, il démontre comment le design d’intérieur résulte de l’association d’une architecture moderne remarquable à une collection d’art contemporain qui l’est tout autant. Aussi, l’ensemble appartient à un patrimoine immobilier d’exception.

L’appartement s’organise sur deux derniers étages qui furent à vendre dans un bâtiment à la dimension historique. Un immeuble résidentiel construit sur la digue du Zoute par l’architecte belge Marc Corbiau dans les années 1980. Cet endroit agencé et décoré par Olivier Dwek, architecte d’intérieur basé à Bruxelles, réussi à merveille un mariage du confort, du calme et d’une beauté somme toute muséale. Comme dans un musée, l’art moderne et contemporain rayonnent ensemble.

L’architecte belge, sa vision envoûtante et radicale de l’habitation de luxe et les nombreux centres d’art qu’il a conçu, ont récemment été honorés dans un beau livre. Un ouvrage monographique imprimé par les éditions Rizzoli New York : « Olivier Dwek, à la lumière de la modernité ». La Fondation d’art contemporain CAB à Bruxelles, grâce au regard de son fondateur, l’entrepreneur et collectionneur Hubert Bonnet, fut le premier lieu d’art à lui donner carte blanche.

Les fondations d’un grand penthouse au Zoute

Acquérir de l’art contemporain est souvent une grande étape franchie pour tout amateur de belles choses qui vise à s’entourer de peintures, sculptures et photographies au quotidien. Le design vient souvent de pair : un canapé, des fauteuils et une table vintage ou d’occasion sont les parfaits alliés à ces précieuses acquisitions. Le projet final consiste à créer un art de vivre autour de ces meubles et objets afin de pouvoir en profiter pleinement. Comment les exposer chez soi est une question. C’est le métier de l’architecte d’intérieur d’en trouver la réponse. Pour vivre dans ce cher cocon désiré, la solution consiste à installer sa collection d’art et de design dans intérieur réalisé entièrement sur-mesure.

Sobriété, pureté et luminosité. Trois points essentiels dépeignent l’élégance naturelle de ce décor signé Olivier Dwek où le design et l’art conversent paisiblement. Tout ici magnifie la vue et la douceur singulière de la lumière de la mer du Nord. Toutes les œuvres présentes semblent donner un rythme qui est propre au lieu, comme si toute l’architecture intérieure et la décoration s’étaient organisées autour de ces pièces.

Être en phase avec son temps et se fondre idéalement dans le contexte semble avoir été le fil conducteur de cet aménagement d’intérieur. Mais, aussi, la douceur des lignes, la noblesse des matériaux, les teintes naturelles et la mise en valeur d’une très belle collection d’art contemporain. De la visite de ce penthouse, on se souvient surtout du sentiment d’espace et de la présence presque physique de la lumière naturelle. Pas de meubles inutiles, ni d’objets démodables.

VILLAS Decoration Olivier Dwek

Philippe Garcia

Un agencement créé pour une ode à la modernité

Invitation à de grands classiques du design et des arts

Le salon et la salle à manger du penthouse s’ouvrent sur une large terrasse aménagée avec vue sur les dunes, la plage et la mer… à l’infini. Une déclinaison de tonalités se joue en clair-obscur avec des gris, des beiges sable, du brun taupe, des blancs laiteux ponctués de bois naturel et des boiseries teintées noir façon wengé. Cette palette de couleurs subtiles ramène au paysage, dont elle est comme le parfait écho.

Dans le living trône un sofa du décorateur René Drouet et un lampadaire du céramiste Georges Jouve datant des années 1950 ainsi qu’une table de salle à manger de l’architecte d’intérieur et designer milanais Vincenzo De Cotiis. Une céramique conçue par l’Américaine Kristin McKirdy a quant à elle pris sa place sur un banc de Charlotte Perriand. Les tabourets de cette designer française, qui fut exposée à la Fondation Louis Vuitton à Paris, et une chauffeuse basse Kangourou par Pierre Jeanneret, produits en 1955, côtoient une œuvre à néons de la Britannique Tracey Emin. Celle-ci fut réalisée au début des années 2000.

Au mur, une œuvre du peintre américain Terry Winters (Lapis, 2014) est présentée. Au sol, des tabourets et la table Forme libre de Charlotte Perriand (1967) ainsi qu’une céramique de Takuro Kuwata (Tea Bowl, 2016) se partagent la vedette. Le tapis est une nouvelle création de l’architecte Olivier Dwek, pensée pour ce projet. Près de l’escalier, une sérigraphie d’Andy Warhol (Jackie, 1964), surprend le visiteur.

VILLAS Decoration Olivier Dwek

Philippe Garcia

VILLAS Decoration Olivier Dwek

Philippe Garcia

Prouvé, Basquiat et des icônes en toute intimité

Les grands noms de l’Histoire du design et de l’art contemporain habitent les lieux et lui confèrent un sentiment de musée privé.

Devant le canapé et le fauteuil Ours Polaire de Jean Royère (1950), la table basse Flaque du même designer, recherchée par les collectionneurs, est confrontée à un fauteuil en peau de vache de Charlotte Perriand. Une œuvre produite en 1946. Un dessin de Jean-Michel Basquiat appartenant aux propriétaires a été choisi pour figurer dans un lieu surprenant : au-dessus d’une cheminée design à foyer ouvert.

L’espace bureau est rythmé par ce même désir d’intemporalité naturelle. Derrière une table en bois massif réalisé par les Ateliers Jean Prouvé (S.A.M TS11, 1942), qui fait ici office de desk, un exemplaire rare de la chaise Tout Bois du même atelier de design et d’architecture français a été soigneusement placé. Sur la table, une sculpture particulière en verre translucide de Ritsue Mishima a été posée. Elle semble se mouvoir. L’artiste nippone l’a intitulé Waterways (2017).

Dans la salle à manger, quasi immaculée, autour d’une table à manger produite par l’ébéniste, designer et architecte américain George Nakashima s’inscrivent des chaises en noyer des années 1940. Elles sont la création du sculpteur Alexandre Noll. La bibliothèque maîtresse du penthouse a, elle, été dessinée par l’incontournable architecte d’intérieur, collectionneur et galeriste anversois Axel Vervoordt. Elle est le point d’orgue à un aménagement d’intérieur minimaliste et une collection d’art privée sans nulle faute de goût.

Enfin, la suite parentale, également avec vue sur mer, privilégie l’intimité la plus stricte. Un simple florilège de dessins d’artistes de Tracey Emin, Raymond Pettibon, Francis Alÿs ou encore Robert Longo y a été accroché. Un lampadaire du peintre et sculpteur français Richard Texier anime ce « tableau » à l’allure sobre et éloquente.